Compostage : quel composteur choisir ?

Le saviez-vous ? En France, un habitant produit en moyenne 573 kg d’ordures par an. 97 % des Français considèrent que la société dans son ensemble produit trop de déchets et 76 % pensent que leur foyer pourrait produire moins de déchets*

Si je vous parle de tout cela, c’est parce qu’il y a trois ans, je faisais partie de ces 76 %. J’ai alors pensé au compostage. J’habitais en appartement, sans terrasse, sans balcon, mais j’avais vu que des composteurs d’appartement ou de cuisine existaient et commençaient à faire leurs preuves. À travers cet article, je souhaite vous parler du compostage, des différents type de composteurs qui existent, aborder les avantages et inconvénients de chacun d’entre-eux. Je vous parlerais aussi de mon expérience du lombricomposteur d’appartement.

Compost maison : comment ça marche ?

Avant toute chose, il faut savoir ce qu’est réellement le compost.

Composter, c’est recycler les déchets organiques. On entend par déchets organiques (ou déchets fermentescibles) les résidus d’origine végétale ou animale qui peuvent être dégradés par les micro-organismes pour lesquels ils représentent une source d’alimentation. Ils comprennent :

  • les végétaux (feuilles, fleurs, herbes, etc.),
  • les déchets putrescibles de la cuisine (épluchures, coquilles d’œuf, marc de café, sachets de thé, restes de nourriture, etc.),
  • les papiers et cartons.

Ce sont des déchets biodégradables qui, une fois fermentés (sous l’action combinée de bactéries, champignons et d’oxygène) se transforment en compost, c’est-à-dire en terreau, riche en minéraux et matière organique. Quand le compost est prêt, on obtient de la terre humide qui dégage une odeur de sous-bois et qui peut être utilisée comme fertilisant pour les plantes ou le potager.

Pour fabriquer du compost, il existe plusieurs moyens, qui dépendent surtout de notre type de logement et de la place dont on dispose. Ainsi, on retrouve :

  • le composteur de jardin : il peut se présenter sous forme de bac en bois, en acier ou en plastique, être fixe ou rotatif ou encore être composé d’étages et de lombrics (c’est le lombricomposteur) ;
  • le lombricomposteur d’appartement : c’est un composteur à étages composé de lombrics qui viennent se nourrir des déchets organiques pour les transformer en terreau. Il s’adapte très bien en intérieur (sans odeur) car les vers de terre craignent le froid;
  • le composteur de cuisine : appelé aussi bokashi, il s’agit d’un conteneur, souvent en plastique, qui prend la forme d’une mini-poubelle et dans lequel on vient déposer nos déchets organiques auxquels on ajoute un “activateur de compostage” (poudre composée de son de blé et de micro-organismes) qui viendra aider à la fermentation.

Attention à ne pas confondre le composteur avec le bioseau qui, lui, n’est qu’une simple poubelle hermétique qui vous permet de collecter vos déchets organiques plusieurs jours sans odeur, en attendant de pouvoir les mettre dans le composteur.

Quel composteur choisir ?

Chaque type de composteur possède des avantages et des inconvénients. Ensuite, tout dépend du type de compostage que vous souhaitez réaliser. Voici un petit récapitulatif des avantages / inconvénients des différents types de composteurs.

Le composteur de jardin

Qu’il soit fixe ou rotatif, en bois, en plastique ou en acier, le principe est le même : dans le composteur de jardin on peut mettre de tout et en quantité ! Papier, carton, déchets verts, déchets de cuisine, matière animale (viandes, œufs, etc), restes de nourriture… et plus ou moins tout ce qui est biodégradable. En contact avec la terre, le processus de compostage se fera naturellement avec l’apport de micro-organismes naturels (vers de terre, champignons, bactéries, etc.).


Pour faire du bon compost, il faudra penser à alterner une couche de matière organique avec une couche d’activateur de compost (naturel ou en achat) et penser à mélanger régulièrement le tas (l’air est la clé d’un bon compost ! Ce sont souvent des composts mal aérés qui dégagent des odeurs et sont lents à la fermentation). L’activateur de compost permet d’ajouter des micro-organismes au processus et dégage de l’azote qui favorise la fermentation. Le compost est prêt lorsqu’il sent la terre forestière, en général en 6 mois.

Avantages :

  • Très facile d’utilisation, il demande peu d’entretien ;
  • Peut recevoir en quantité bon nombre de déchets organiques différents.
  • Inconvénients :
  • Demande un peu de place en extérieur sur un sol naturel et à l’ombre ;
  • Peu dégager des odeurs de putréfaction et attire les mouches.

Le lombricomposteur

Un lombricomposteur a l’avantage de pouvoir se mettre sur une terrasse ou dans une buanderie en intérieur. Il s’agit de bacs, en bois ou en plastique, que l’on superpose les uns au-dessus des autres. Chaque bac est percé en son fond afin de laisser les lombrics circuler entre les étages. Seul l’avant-dernier bac contient des trous d’un plus petit diamètre afin de ne laisser s’écouler que le jus du compost. On dépose les déchets organiques dans le bac du dessus et quand il est plein, on inter-change avec le bac juste en dessous, et ainsi de suite. Pendant ce temps, les vers s’occupent chacun de leur compartiment et diminuent progressivement la quantité de déchets.

La fermentation n’étant autre qu’une réaction acido-basique, vous devrez vous assurer de mettre suffisamment de matière carbonée (papiers et cartons) pour que le mélange ne soit pas trop acide. Si le mélange est trop acide, c’est là que les odeurs et les mouches arrivent ! Il faut savoir qu’avoir un lombricomposteur bien équilibré demande un peu de temps. Personnellement, j’ai fait l’erreur de mettre tout de suite trop de déchets organiques (notamment du marc de café) et pas assez de matière carbonée, et j’en ai payé le prix fort avec la mort de plein de mes vers. J’ai dû ralentir mon apport en déchets verts pour laisser du temps à mes petits lombrics de s’acclimater à leur nouvel environnement. En deux à trois semaines, c’était réglé et j’ai pu ajouter mes déchets organiques de manière progressive.

Il faut savoir que plus vous aurez de déchets organiques, plus les vers se multiplieront (il faudra y aller progressivement). À l’inverse, si vous stoppez l’apport de nourriture pendant plusieurs semaines : aucun problème, la colonie de vers saura réduire le nombre de ses occupants et s’adaptera très bien.
Au bout de 3 à 6 mois, le compost descendra naturellement dans l’avant-dernier bac et sera prêt à l’utilisation. En plus d’être super pratique, le lombricomposteur est très ludique ! C’est super mignon de voir ces petits vers nous aider à nous débarrasser de nos déchets !

Avantages :

  • s’adapte aux appartements ;
  • ne dégage pas d’odeur et n’attire pas les mouches (à condition de bien l’équilibrer) ;
  • peut accueillir plusieurs étages et donc augmenter la quantité de déchets reçus ;
  • pas besoin de retourner les déchets ou de rajouter de l’activateur, les vers travaillent pour vous.

Inconvénients :

  • demande un bon équilibre acido-basique ;
  • les vers craignent le froid (attention aux températures négatives sur les terrasses !) ;
  • le lombricomposteur n’est pas fait pour recevoir les restes de nourriture cuite, la viande, les laitages et les aliments vermifuges (ail, oignons, peaux d’agrumes, etc.).
  • Il faut trouver quoi faire du compost une fois qu’il est prêt (deux à trois fois par an).

Personnellement, j’ai fabriqué moi-même mon lombricomposteur à l’aide de bacs en plastique alimentaire. J’ai percé les trous à la perceuse et je suis allée chercher mes vers chez une adepte du zéro déchet qui vivait dans ma ville (que j’avais trouvé grâce à un groupe Facebook de zéro déchet). L’inconvénient de ma fabrication maison c’était le couvercle du bac qui, avec la fermentation, s’est déformé au fil du temps et a fini par ne plus du tout fermer mon composteur. J’ai gardé mon lombricomposteur deux ans, jusqu’à ce que je déménage, et je l’ai donné à une autre famille intéressée par ce type de compostage.

Le composteur de cuisine ou Bokashi

Le Bokashi, c’est un peu comme un lombricomposteur mais sans les lombrics. À la place, on mettra après chaque couche de déchets organiques une couche d’activateur de compostage. Une fois le Bokashi rempli, on attend 14 jours sans y toucher. On peut récupérer le jus via un petit robinet (c’est un excellent entretien des canalisations, et un engrais liquide très puissant !). Au bout de 14 jours, le compost est prêt à être enterré sous vos plantes ou mélangé à la terre de votre potager !

Avantages :

  • Petit, compacte et adapté aux intérieurs ;
  • Processus de dégradation rapide ;
  • Tout peut être composté (y compris les peaux d’agrumes) ;
  • Fabrication du compost en à peine un mois ;
  • Seau hermétique et sans odeur ;
  • Très facile d’utilisation.

Inconvénients :

  • Il demande 14 jours de pause, ce qui veut dire qu’il faut avoir deux bokashis pour composter en continu ;
  • Si vous n’avez pas de jardin, il faudra trouver un endroit où enterrer le compost tous les mois ;
  • Il faut acheter de l’activateur de compost régulièrement, ce qui en fait une méthode de compostage pas totalement gratuite.

Vous savez à présent tout sur les différents types de compostages qui existent et comment faire un bon compost pour nourrir vos plantes et votre potager. Alors, quelle méthode allez-vous choisir ?

*source Ademe 2020

Cet article a été rédigé par Julie Arnoux.