Rencontre avec Elsa, fondatrice de Yokoumi Cosmétiques

Derrière la marque Yokoumi Cosmétiques, il y a une fondatrice bien entourée – Elsa –mais surtout une véritable volonté d’engagement. Durant un stage d’études, en 2016, elle se rend au Togo. Sur place, elle rencontre Delali et ensemble, elles mettent en place un partenariat de commerce équitable avec des productrices de beurre de karité. Concrètement, les deux jeunes femmes achètent le beurre de karité à la coopérative de Kélizio au double du prix du marché togolais. Pour valoriser celui qu’on nomme « l’or des femmes » car le savoir-faire se transmet de mère en fille, l’idée de créer une marque de cosmétiques suit naturellement. Ainsi né Yokoumi.

« Yokoumi signifie beurre de karité en Ewé, l’une des 52 langues parlées au Togo », précise Elsa.

« Cet engagement local, ce soutien pour rendre possible l’autonomisation économique des femmes au Togo, c’est la base de notre lancement d’entreprise et ce qui est rassurant c’est de constater qu’on l’a conservé au fil du projet », raconte Elsa, rejoint également par Nastassia, une amie de lycée, diplômée en entrepreneuriat social.

Désormais, c’est à deux qu’elles se consacrent à Yokoumi et ont fait grandir la marque, notamment en tissant d’autres partenariats et en développant la gamme.

« Delali reste notre partenaire principale et coordonne au Togo mais nous avons également, depuis fin 2019, noué une collaboration au Maroc pour l’eau de rose délicate, par exemple. »

La gamme s’étoffe mais la spécificité de la marque reste la même :

« Il n’y a pas de formulation, tous nos produits sont bruts. Ce qui veut dire que l’on peut appliquer le produit directement sur la peau pour bénéficier de ses bienfaits, comme l’utiliser en DIY pour fabriquer ses propres soins », détaille Elsa.

Leur chouchou ? Incontestablement celui qui leur a permis de démarrer, le beurre de karité ! Il est aussi le favori des clients. Ultime argument pour craquer à votre tour pour l’un des produits de la marque ?

« Nous reversons 10% de nos bénéfices à des acteurs de terrain, l’association S.E.Vie au Togo et Afoulki au Maroc, qui agissent en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes », précise Elsa, entrepreneuse aussi éveillée que passionnée.

1. Si vous deviez résumer en trois mots votre univers ?

Juste, sain, coloré.

2. Où travaillez-vous ?

Nous avons des bureaux que nous partageons Nastassia et moi à Paris, tandis que nos partenaires sont au Togo et au Maroc.

3. Quel est votre outil de travail préféré ?

Nos bocaux ! Car chez Yokoumi nous encourageons le vrac et nous utilisons d’ailleurs nous-même de jolis pots et bocaux pour réaliser nos cosmétiques.

4. Quel est votre conseil pour oser créer ?

Savoir s’écouter car quand on le fait vraiment, on se trompe rarement. Et ne surtout pas regarder la somme astronomique de travail qui nous attend ! Avancer progressivement, une tâche après l’autre.

5. Qu’est-ce que le digital apporte à votre façon de travailler ?

Un gain de temps évident. Nous échangeons beaucoup entre nous via WhatsApp étant donné que nous sommes installées dans différents pays, avec différents fuseaux horaires. Et puis grâce à Internet, nous avons pu lancer notre e-commerce ce qui est évidemment un gros coup d’accélérateur pour la marque.

6. Quelles sont les difficultés les plus fréquemment rencontrées ?

En tant qu’entrepreneuse, c’est le fait d’être mobilisée en permanence et finalement d’avoir beaucoup de difficultés à décrocher. Et puis, pour Yokoumi chacune de nous a dû se former sur de nombreux sujets, parfois complexes et techniques, comme l’import-export. Cela oblige à se transformer en véritable Couteau Suisse et à chaque nouvel obstacle, on apprend.

7. Qu’est-ce qu’il y a de plus gratifiant ?

Quand on va sur le terrain, que l’on rencontre nos partenaires et que l’on constate l’aboutissement de notre travail. Je suis d’ailleurs convaincue que transition écologie et réduction des inégalités sociales mondiales sont intimement liées.

8. Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

A la tête d’une belle entreprise, avec une grande équipe, néanmoins à taille humaine. Nous souhaiterions développer dix partenariats auprès de dix pays différents.

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Cette interview a été menée par Vanina Denizot.