Rencontre avec Héléna Guy Lhomme, plasticienne

Héléna Guy Lhomme a vécu plusieurs vies avant de pouvoir affirmer :

« Je suis créatrice depuis 5 ans. »

Aujourd’hui sculptrice plasticienne, elle a suivi des études de commerce puis intégré l’école du Louvre avant de travailler pendant dix ans dans les musées, couvant, au fond d’elle, le très fort désir de faire de la céramique. Elle profite d’un séjour de trois ans en Russie pour enfin laisser exprimer sa créativité et s’adonner notamment à la technique du bronze. Son retour en France lui confirme ce qu’elle veut être dans la vie : une « slasheuse créative ». Sculptures animalières en bronze et en céramique, jouets en carton ou en feutrine pour ses filles, ou encore trompe-l’œil alimentaires en laine cardée, sa toute nouvelle matière de prédilection… les activités se multiplient, et c’est encore mieux quand matériaux et techniques se combinent et fusionnent, donnant forme à une création unique et singulière. Quand Héléna ne se réfugie pas dans son atelier, elle s’occupe avec son associée de l’e-boutique « Les plus beaux jouets du monde » qui réunit des jouets durables d’artistes et d’artisans, dénichés aux quatre coins de la planète ou propose aux entreprises des conseils autour de la création. Héléna est une créative à l’univers aussi foisonnant que bigarré, vous l’aurez compris.

« J’ai mis longtemps à m’autoriser à créer alors je ressens une véritable urgence. J’ai l’impression de devoir rattraper du temps. »

Découvrez l’univers d’Héléna Zaichik :

Pouvez-vous nous parler de votre technique de prédilection ?

Je travaille toutes les matières et j’aime associer les disciplines. Je ne me mets aucune barrière technique car ce qui me passionne avant tout, c’est d’avoir une idée et de passer à sa réalisation.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

La nature m’inspire, par son côté sauvage et sa grande variété de couleurs, de formes. Mais ce qui m’inspire aussi, c’est que mon travail reste ludique ; j’aime jouer. Par exemple, mes sculptures qui sont en bronze demeurent mobiles.

Quelle est votre routine créative ?

Ma routine est essentielle : le matin, j’amène les enfants à l’école. De retour, je me prépare un grand café et je croque dans quelques carrés de chocolat. Je peux alors aller dans mon atelier et je ne lève pas la tête de la journée. Il m’arrive parfois de travailler dans des ateliers partagés. La créativité des autres me passionne et nourrit mon travail.

Quelle est votre « madeleine » créative ?

Sans aucun doute ma marraine et ma grand-mère qui m’ont toutes les deux appris à broder. Et puis j’ai un flash de ma professeure de poterie, quand j’avais 5 ans. J’en ai très peu fait à l’époque mais cette femme m’a beaucoup marquée. C’est un souvenir tellement fort que j’ai d’ailleurs souhaité la retrouver, sans y parvenir.

Quelles sont les qualités indispensables à un/e créatif/ve selon vous ?

Je pense qu’il faut être très attentif/ve aux idées ; elles sont si fragiles. Pour ma part, j’ai un petit rituel : comme la nuit j’ai une foule d’idées, je prends cinq minutes chaque matin au réveil pour les visualiser et les noter dans un petit carnet.

Avez-vous adopté la philosophie du « tout faire soi-même » ? Qu’aimez-vous faire vous-même ?

Pas assez ! Mais la Russie a été une bonne école car là-bas on ne trouve pas de plats industriels et, par la force des choses, je me suis rapprochée du produit ! Moi qui ne cuisinais pas avant, j’ai fini par me dire : « Pourquoi ne pas investir ce domaine du quotidien grâce à la créativité ? » J’aime ce côté challenge. Je bricole aussi des meubles pour la maison.

Quel type de cadeaux faites-vous quand vous les réalisez vous-même ?

Je fabrique tous les jouets de mes filles mais par exemple, je viens de poster un cadeau à ma sœur : un pull chiné sur vinted que j’ai brodé et que j’ai accompagné d’un sac personnalisé. En réalité, cela ne me vient même pas à l’idée de courir les magasins à la recherche d’un cadeau de dernière minute sauf lorsqu’il s’agit de livres ou de cadeaux immatériels (restaurant, musée…).

Quels sont vos projets à venir ?

Avec mon associée, nous sommes en train de retravailler le site les plus beaux jouets du monde et de l’élargir à de nouveaux pays. J’ai aussi de jolis projets autour de la laine cardée et de la céramique, notamment en collaboration avec des musées ou des châteaux dans le cadre d’expositions. Enfin, je suis plus que jamais à la recherche d’éditeurs pour valoriser la laine cardée mais aussi éveiller les parents aux jouets home made.

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Cet article à été rédigé par Vanina Denizot