Rotin, osier, vannerie… comment et pourquoi se lancer ?

J’ai une véritable passion pour les paniers. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours ramené de mes voyages un objet en vannerie car je suis fascinée par la variété et l’universalité de ce savoir-faire. La vannerie, comme la poterie, sont pour moi de réels marqueurs des différentes cultures.  

La dernière exposition sur la vannerie de bambou du Musée du Quai Branly , « Fendre l’air », était un très grand moment d’émotion. En effet, rares sont les objets qui allient autant nature et créativité. Comment, par exemple, les peuples d’Amazonie sont capables de concevoir sans aucun support écrit ou numérique des schémas géométriques extrêmement complexes par mentalisation pure sans aucun support visuel autour d’eux de lignes droites ou orthogonales… Certains paniers sont tout autant des exercices spirituels que des objets utilitaires.  

Alors, très modestement, j’ai voulu en savoir plus et m’essayer au travail de cette matière.  

On peut évidemment faire de la vannerie avec toutes sortes de fibres naturelles en fonction de ce que la nature environnante nous offre… En France d’ailleurs, de plus en plus de vanniers travaillent la matière locale que nos bocages mettent à leur disposition.  

Toutefois, le rotin est véritablement emblématique du travail de vannerie et particulièrement agréable à travailler de par sa souplesse et sa malléabilité. Alors d’où vient cette fibre ? Comment la travailler ? Rotin ou osier quelles différences ? Où et comment apprendre la vannerie ?  

Voici un petit tour d’horizon du sujet pour approfondir vos connaissances des fibres usuelles de vannerie. Après avoir lu cet article, vous pourrez décider à quel type de matière vous êtes le plus sensible et si vous souhaitez vous initier, comment vous y prendre.  

Qu’est-ce que le rotin ?  

Le rotin provient d’un palmier qui pousse principalement en Asie (Indonésie notamment) mais également en Afrique et dans les climats chauds et humides. C’est un palmier liane qui a la particularité d’être grimpant et peut atteindre plusieurs dizaines de mètres de longueur. Le tronc couvert d’épines de ce Calamus rotang est plein et flexible. Les fibres de rotin que travaillent les vanniers sont issues de cette partie de la plante. Les variétés de rotin sont très nombreuses. La couleur et les propriétés de chaque variété engendrent des fibres très diverses allant du brun au beige clair, plus ou moins rigides et résistantes à l’humidité.  

Le rotin se récolte à la machette dans les forêts tropicales, c’est un travail encore souvent artisanal et pénible. Les lianes sont ensuite écorcées, tranchées et passées dans des filières dans des ateliers spécialisés, plus ou moins industrialisés, puis envoyées à des grossistes.  

On obtient soit des éclisses : l’écorce aplanie et calibrée pour les travaux de ligature ou de cannage, soit la moelle de rotin : pour la vannerie mais aussi pour l’ameublement. Les fibres étant particulièrement longues, le rotin est vendu en rouleaux.  

Qu’est-ce que l’osier ?  

L’osier n’a strictement rien en commun avec le rotin hormis sa souplesse. L’osier, ce sont les jeunes pousses d’une espèce particulière de saules que l’on plante serrés et que l’on taille chaque année pour qu’il produise de jeunes branches les plus longues et nombreuses possible. Ces saules poussent dans nos climats froids et tempérés en terrain relativement humide.  

Traditionnellement, on trouve beaucoup d’oseraies dans le sud de la France dans la région du Rhône mais également en Haute-Marne. La récolte est vendue en bottes de brins d’environ 2 mètres et demi de long, classés selon leur couleur qui va du beige au brun très foncé.  

Les fibres d’osier sont donc courtes (puisqu’il ne s’agit pas d’une liane) et fines. Ainsi, pour un panier de quelques dizaines de centimètre de diamètre, jusqu’à une centaine de tiges peuvent être nécessaires. Comme le rotin, l’osier peut être utilisé pour la vannerie et l’ameublement. Cependant les meubles en osier sont plus légers et moins résistants dans la durée que les meubles en rotin.  

Le travail de l’osier nécessite un séchage de plusieurs mois puis un trempage prolongé de plusieurs jours afin d’assouplir les tiges. Il faut également des outils puissants tels que des sécateurs et spécifiques notamment un fendoir.  

Comment se travaille le rotin ?  

Pour débuter la vannerie, surtout si vous souhaitez vous lancer tout seul, je vous recommande vivement de commencer par le rotin.  

Cette fibre se travaille par trempage lorsqu’elle est de petit diamètre. Certes, les chaises de bistro de nos chères terrasses parisiennes sont obtenues par cintrage à la vapeur de fibres de très gros diamètre. Mais pour les fibres fines, de quelques millimètres de diamètre, un passage de quelques minutes dans une bassine d’eau est largement suffisant pour obtenir une fibre souple et ductile qui ne se cassera pas lorsque vous la travaillerez.  

Quels sont les outils pour faire de la vannerie de rotin ou d’osier ?  

A la différence de l’osier, vous l’aurez compris, le rotin une fois humidifié quelques minutes seulement se travaille facilement à la main. Comme dans le tutoriel sur la barrette en rotin que vous trouverez sur le site de I MAKE, une petite pince coupante et une pince plate pour tirer les brins lors du tissage peuvent être un plus mais l’outillage obligatoire s’arrête là… Il m’est même arrivé souvent de couper la moelle avec de simples ciseaux de cuisine.  

Où apprendre la vannerie ? 

Vous souhaitez vous lancer ? Comment faire pour débuter la vannerie ?  

Vous pouvez déjà trouver chez I MAKE les principales fournitures : rouleaux moelle de rotinpinceséclisses, mais également du rotin teinté…  

Mais aussi plusieurs tutoriels de niveau débutant pour vous initier à la vannerie.  

Toutefois, pour pratiquer et acquérir les bons gestes, nous vous recommandons de vous rapprocher de vanniers professionnels qui offrent souvent des stages de formation.  

La seule formation diplômante disponible en France est dispensée au Lycée du paysage et de l’horticulture de Fayl Billot en Haute-Marne. Ce lycée horticole propose également des stages de formation de courte durée avec les meilleurs professionnels.  

Fans de vannerie mais pas de rotin ?  

Sachez que vous pouvez aussi faire des paniers et des tissages naturels avec du papier, des branches de noisetier, de la paille, du bambou, des textiles recyclés…  La seule limite est votre imagination.  

Fans de rotin mais pas de vannerie ? 

Saviez-vous que vous pouvez utiliser le rotin sous forme de cannage à découper et appliquer sur des meubles ou des objets en bois notamment. Enfin, pensez aussi à plonger des tiges de rotin dans vos parfums d’intérieur pour bénéficier de ses propriétés de diffuseur grâce à sa très bonne capillarité.  

Bref chez I MAKE, on a hâte de voir vos créations ! Partagez-les avec #IMAKE 

Cet article a été rédigé par Héléna Zaichik